est une institution parisienne inconnue de personne. C’est la plus vaste oasis verte au cœur d’un quartier animé, sur la rive gauche de la Seine. Magnifique et coloré, il respire l’histoire française. Il figure parmi les jardins royaux les plus prestigieux de la capitale, situé dans le quartier latin animé, à côté du Panthéon majestueux.
Le jardin se divise en trois parties : au centre, l’actuel Sénat ; devant lui, un jardin français rigoureux et parfait ; à droite, un jardin anglais luxuriant avec verger, aire de jeux pour enfants, courts de tennis, terrains de basket, espace détente pour seniors et orangerie. Cette diversité fonctionnelle fait du lieu un véritable paradis urbain. Harmonieux et captivant, cet espace fluide est devenu le jardin arrière préféré des Parisiens.

































L’histoire du Jardin du Luxembourg commence en 1610, après l’assassinat d’Henri IV. La reine Marie de Médicis, lassée du Louvre fastueux, cherche une vie rurale paisible et fait construire son palais personnel dans un paysage verdoyant. En 1612, elle achète le domaine et les terres au duc de Luxembourg. En 1615, l’architecte Salomon de Brosse ériga le Palais Médicis, inspiré par le petit palais de Florence. Le célèbre paysagiste Nicolas Deschamps, Jacques Boyceau et Thomas Francini conçurent ensuite ce jardin exquis.
En 1625, Marie de Médicis emménagea dans sa nouvelle résidence, mais son bonheur fut de courte durée. Après un conflit politique direct avec le cardinal de Richelieu en 1630, le palais fut abandonné. La reine s’exila à Cologne et mourut dans la pauvreté en 1642, oubliée de tous. Le palais passa à Gaston d’Orléans, frère de Louis XIII, qui le transforma en un jardin français parfait grâce à son jardinier en chef, Oudart Le Nôtre.
La propriété changea ensuite de mains, passant à la duchesse de Montpensier, puis à la duchesse de Berry en 1715. Enfin, le comte de Provence (futur Louis XVIII) prit possession du domaine, agrandit le jardin de dix hectares et l’ouvrit au public.
La Révolution française marqua la période la plus sombre du Jardin du Luxembourg. Le palais devint un arsenal, puis une prison célèbre où furent détenus Danton, Camille Desmoulins et le peintre David. Les jardins furent presque abandonnés. Au début du Consulat, Napoléon fit du lieu une résidence somptueuse et remplaça les hauts murs par des grilles dorées. Sous Napoléon III, on aménagea une grande avenue perspective reliant le jardin à l’Observatoire et créa un jardin anglais naturel sur les nouvelles terres acquises au nord et au sud.
Sous le Second Empire, le visage urbain fut modernisé : les routes et avenues entourant le jardin furent élargies et ouvertes, donnant au Jardin du Luxembourg son aspect actuel. On planta également de nombreux arbres et on transforma l’ancien vignoble de l’abbaye des Chartreux en un verger vivant. Le parc fut ainsi ouvert comme un lieu de détente et de loisir pour les Parisiens. L’ancienne prison royale abrite aujourd’hui le Sénat, siège du pouvoir politique français.