Évoquer la Bastille fait immédiatement penser à la Révolution sociale française. Lieu symbolique de libération, il n’en reste plus rien aujourd’hui, sauf le monument circulaire « Colonne de Juillet » (52 mètres) au centre de la place. Il ne commémore pas la révolution de 1789, mais celle de juillet 1830 (les 27, 28 et 29 juillet), qui a établi la monarchie constitutionnelle sous la monarchie de Juillet — une révolution sanglante rappelant le tableau d’Delacroix « La Liberté guidant le peuple » au Louvre — ainsi que la révolution de 1848.
La Bastille était déjà une prison redoutée sous Charles V en 1382. Parmi les détenus célèbres figurent Bassompierre, Voltaire, Mirabeau et Latude (incarcéré pendant 28 ans, ayant réussi trois évasions). Ce n’est qu’en 1789 que la prison fut libérée, puis démantelée avec ses remparts. En 1847, la rue de Lyon fut ouverte ; en 1866, l’avenue Henri-IV fut percée ; et en 1859, une gare fut construite sur l’actuel emplacement de l’Opéra, restant en service jusqu’en 1970. Le sentier de promenade latéral à l’Opéra correspond aux anciennes voies ferrées menant à la banlieue. Aujourd’hui, on ne peut deviner l’emplacement des anciens remparts que par quelques blocs de pierre visibles entre les numéros 5 et 49 de l’avenue de la Bastille. C’est pourquoi toutes les grandes manifestations parisiennes partent ou se tiennent sur cette place, revêtant un sens symbolique fort.










