Montmartre, Paris
Basilique du Sacré-Cœur
Dès qu’on évoque Paris à la fin du XIXe siècle, le doux paradis de l’art, on pense à Montmartre. Ce quartier fut autrefois le paradis des artistes parisiens ; nombreux furent les peintres impressionnistes et modernistes du début du XXe siècle à y travailler ou peindre sur le vif. On peut citer les paysages naturels de Montmartre par Corot, la célèbre « Bal du moulin de la Galette » de Renoir, « La Danseuse du Moulin Rouge » de Toulouse-Lautrec, ou encore les scènes de rue de Montmartre par Utrillo. Aujourd’hui, Montmartre est devenu le lieu de pèlerinage des amateurs de la Ville Lumière, en quête de lieux paisibles et sacrés. La majestueuse Basilique du Sacré-Cœur se dresse au sommet de la butte Montmartre. De n’importe quel point élevé de Paris offrant une vue panoramique, on peut apercevoir cette imposante basilique blanche, car Montmartre constitue le point culminant de Paris, offrant ainsi un emplacement idéal pour admirer la ville dans son ensemble.
Surnommée la « Blanche », la basilique doit son nom à sa construction entièrement réalisée avec une pierre blanche spéciale. D’un style romano-byzantin oriental, elle est unique à Paris. Son histoire est profondément émouvante : elle ne fut pas initiée par un évêque, mais naquit du vœu pieux des commerçants catholiques durant le siège de Paris pendant la guerre franco-prussienne de 1870, qui dura quatre mois. Ils promirent de construire une église sacrée sans précédent dédiée au Cœur de Jésus si la France réussissait à se libérer des troupes prussiennes. Après la libération de Paris, la basilique fut construite grâce aux dons de toute la France, selon les plans de l’architecte Paul Abadie (1875). L’inspiration architecturale provient de l’église Saint-Front de Périgueux, de style romano-byzantin. Les travaux durèrent plusieurs années jusqu’à leur achèvement officiel en 1914, puis, en raison de la nouvelle invasion allemande, la consécration eut lieu seulement après la victoire de la Première Guerre mondiale, en 1919.
La structure repose sur un grand dôme romain central, flanqué de deux petits dômes symétriques et d’une tour carrée de 84 mètres abritant une cloche parmi les plus lourdes au monde, pesant 18,5 tonnes, dont le battant seul pèse 850 kg. La façade solennelle, équilibrée et symétrique, présente des escaliers rythmés et trois porches voûtés. Les portes en bronze sculpté représentent les épisodes de la vie du Christ. Au-dessus des porches, deux grandes statues équestres héroïques, symétriques, gardent la France : Jeanne d’Arc à gauche et le roi Louis IX à droite, œuvres du sculpteur H. Lefebvre. Au centre, au-dessus de ces statues, une statue du Christ bénit Paris depuis la butte Montmartre.
À côté de la basilique se trouve la Place du Tertre, où les portraitistes attirent les touristes et vendent des souvenirs parisiens, faisant de ce lieu une destination touristique majeure. Les ruelles sont remplies de boutiques de souvenirs proposant des reproductions de tableaux du XIXe siècle, des cartes postales et des affiches, devenant ainsi des produits dérivés distinctifs de Montmartre. En descendant la ruelle (Rue Lepic), on découvre peu à peu le calme et la sérénité, notamment le célèbre moulin à vent du « Moulin de la Galette » peint par Renoir, dont les paysages naturels ont attiré de nombreux impressionnistes.
En passant par la place des Abbesses, dont l’entrée de métro est un chef-d’œuvre de l’Art Nouveau, et en continuant vers le bas (Rue A. Antoine), on remarque une boulangerie originale dont la vitrine expose une variété de pains. À côté se trouve un café, lieu de tournage du film français culte « Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain ». Plus bas encore, on atteint la célèbre place Pigalle, où le Moulin Rouge propose des spectacles de can-can et nus. Ce quartier, situé dans la zone rouge de Paris, regorge de commerces et spectacles érotiques, animant la vie nocturne parisienne d’autant plus qu’il est tard.































