
Le Musée de l'Armée des Invalides, où se trouve le tombeau de Napoléon Ier, est situé dans le quartier des Invalides à Paris. Ce complexe est composé d'un vaste ensemble architectural incluant les Invalides, l'église Saint-Louis et l'église du Dôme. Fondé par Louis XIV en 1671, le site a nécessité près de trente ans pour être achevé. Deux églises furent ajoutées en 1706 : l'église des Soldats (aujourd'hui Saint-Louis) et l'église du Dôme, qui apporta un nouvel éclat au lieu.
Vue depuis le majestueux pont Alexandre III (le plus beau pont sur la Seine), on offre une vue panoramique grandiose. Entre les bâtiments classiques de Liberal Bruant et le dôme de Mansart, le vaste jardin des Invalides, conçu par Robert de Cotte, beau-frère de Mansart, s'étend sur environ 500 mètres de long pour 250 mètres de large, formant une perspective imposante rappelant un aérodrome.
Devant les Invalides se trouve un jardin français géométrique. Le fossé est bordé d'une rangée de canons en cuivre des XVIIe et XVIIIe siècles, dont dix-huit « canons de la Victoire ». Ces derniers ont été tirés lors de la Journée de l'Armistice le 11 novembre 1918 et du défilé du 14 juillet 1919. Ils furent emportés lors de l'occupation allemande en 1940 et remis à leur place après la guerre.
L'architecture des Invalides est sobre et solennelle. Mesurant 196 mètres de large, le bâtiment présente quatre rangées de fenêtres et une entrée centrale majestueuse. Aux extrémités, deux ailes sont ornées de motifs d'armes entourant les lucarnes. Au-dessus de l'entrée principale, on aperçoit les bas-reliefs de la Prudence et de la Justice entourant Louis XIV. En entrant, on accède à la Cour d'Honneur où se dresse une statue imposante de Napoléon ; ce bâtiment à double arcade forme le Musée de l'Armée.
Église Saint-Louis
Après la visite du musée, en traversant la Cour d'Honneur, on atteint l'église Saint-Louis. L'intérieur abrite notamment la Chapelle Impériale, où sont exposés le char funéraire ayant transporté les restes de Napoléon depuis Sainte-Hélène et le cercueil en marbre utilisé pour son rapatriement en France en 1840.
Église du Dôme : Tombeau de Napoléon Ier
Construite sous Louis XIV, l'église du Dôme est un chef-d'œuvre classique français signé par Mansart. Ses colonnes divisées en deux niveaux encadrent symétriquement les fenêtres avec quarante piliers cylindriques. Le tout est surmonté d'un dôme doré culminant en flèche à 107 mètres du sol. En 1989, le dôme a été restauré et recouvert de douze kilogrammes de feuilles d'or, brillant sous la lumière du soleil.
À l'intérieur de la voûte, le peintre Charles de la Fosse a représenté les quatre Évangélistes. La composition centrale montre Saint Louis offrant son épée au Christ, qui triomphe des païens. Sur les décorations royales françaises, on admire l'œuvre remarquable de Jouvenet représentant les douze apôtres.
Ce dôme sert de cimetière aux militaires français et de sanctuaire à la mémoire de Napoléon, abritant les sépultures de sa famille et de plusieurs maréchaux célèbres de France. À droite, dans le petit autel latéral, reposent Joseph Bonaparte, frère de Napoléon, ainsi que les tombeaux des maréchaux Vauban et Foch. À gauche, on trouve Jérôme Bonaparte, accompagné des tombes de Turenne et du maréchal Lyautey.
Tombeau de Napoléon Ier
Napoléon décéda le 5 mai 1821 à Sainte-Hélène. Ce n'est qu'en 1840 que le gouvernement français décida de rapatrier ses restes. Une cérémonie nationale eut lieu le 15 décembre de cette même année, marquant l'installation définitive de Napoléon dans l'église du Dôme des Invalides.
Ses restes furent placés dans six cercueils différents : un premier en étain, un second en bois rougeâtre, les troisième et quatrième en plomb, un cinquième en ébène et un sixième en chêne. Le tout fut inséré dans un sarcophage monumental en granit rose orné de deux guirlandes de laurier, posé sur un socle en granit vert des Vosges. Le sol porte l'inscription des grandes campagnes de l'Empire français. Cette œuvre est due à l'architecte Visconti. Dans cette salle funéraire solennelle, douze statues de Victoires gardent les sarcophages, veillant sur Napoléon Ier, autrefois maître du destin.































