« Qui est la plus belle ? » Certes, Paris est belle, romantique, douce et noble. Sans le miroir, tout le monde sait que « Paris est beau » ou « le plus beau », qu’il est « un paradis sur terre » ou « le foyer des Bohémiens ». Cette illusion hante les esprits depuis longtemps, attirant chaque année des foules innombrables. Une grande partie sont des immigrés clandestins ou économiques, fuyant des régimes oppressifs au péril de leur vie derrière le rideau de fer, d’autres cherchent à changer leurs conditions de vie ou à offrir un avenir meilleur à leurs enfants. Quitter sa patrie est rarement une réussite totale ; tout semble aussi difficile que monter au ciel. Sans statut légal, sans titre de séjour, on n’existe pas officiellement : on vit dans l’ombre, sous terre, hors de vue. La survie, nourrir sa famille ou travailler deviennent alors des épreuves supplémentaires. Il faut non seulement savoir-faire mais aussi un courage extraordinaire pour surmonter ces obstacles. Du point de vue d’une autre existence, leur volonté et leur bravoure méritent vraiment admiration.
Depuis la période post-déconstructiviste des années 90, en quelques décennies, nous avons vu défiler des vagues successives d’immigration clandestine vers les pays de l’Union européenne. Dans toutes les grandes métropoles européennes, cette vague se fait sentir. Pourtant, les tragédies choquantes et les histoires émouvantes liées à cette immigration ne suscitent guère l’attention du public. Face à ce paradoxe et cette confusion, aucune politique efficace n’est proposée par les Européens. Les dirigeants font semblant d’ignorer, tandis qu’un courant extrémiste droitier se cache dans la société, prêt à éclater à tout moment — comme l’atteste l’incident en Belgique où des étrangers (pas nécessairement non-Blancs) ont été abattus dans la rue. À Paris, ces flux humains sont visibles. Le paradoxe s’accentue avec les familles immigrées clandestines : bien que leurs enfants puissent souvent intégrer l’école primaire nationale, chaque vacances scolaires marque le début des expulsions. C’est aussi le moment où ils doivent se cacher. Quel problème cela résout-il ? De telles politiques migratoires absurdes ne font qu’accroître les contradictions et conflits sociaux. On prédit déjà que l’extrême droite refait surface lors de l’élection présidentielle française de 2007.
Le deuxième miroir de la France : après avoir vaincu le Portugal hier soir (5 juillet) sous les couleurs bleues de l’équipe nationale, celle-ci entre triomphalement en finale mondiale. Au-dehors, la fanfare résonne encore et les Champs-Élysées sont envahis par la foule en liesse. Le football rend fou ; la victoire est proche. En observant les membres de l’équipe nationale française, on peut y voir un indice (avez-vous remarqué ?) : 90 % des joueurs sont noirs (descendants des populations colorées des territoires d’outre-mer). Selon certains regards extérieurs, on plaisante en disant que la France est un pays noir. Pourtant, sur la scène politique, on ne voit aucun représentant des minorités colorées. Quelle situation étrange mérite réflexion !







